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Egypte. Le marché devient moins dur

Egypte. Le marché devient moins dur

Egypte. Le marché devient moins dur.
La baisse de la demande se fait sentir et il semble inévitable que l’industrie égyptienne connaisse des difficultés dans les mois à venir, à l’image des grands producteurs mondiaux. S’il y a deux ans, le magnat de l’acier en Egypte, Ahmad Ezz, avait dit que les prix du fer et de l’acier connaîtraient des hauts et des bas et qu’ils finiraient par fléchir, personne ne l’aurait cru. Aujourd’hui, après cinq ans de prospérité pour ces producteurs — et de prix exorbitants pour les consommateurs —, la récession internationale change la donne du marché. Les producteurs de fer et d’acier, en Egypte comme ailleurs, seront bientôt en difficulté, s’ils ne le sont pas déjà. Sur le marché international, les prix ont diminué (De plus que 1 000 dollars en juin 2008 à quelque 600 dollars actuellement), ce qui a mené les entreprises de construction à importer pour la première fois de l’acier afin de poursuivre leur activité. Il est même de plus prévu que les choses se compliquent davantage et que l’on voit les producteurs locaux cesser leur production. « La majorité des sociétés diminueront leur production », prévoit Patrick Gaffney, analyste macro-économique de la banque d’investissement EFG-Hermes. Et d’ajouter que les sociétés qui exportent seront le plus affectées. Quand on parle d’acier, on parle désormais d’acier tiré à plat. Ce dernier, qui représente le tiers de la production nationale, rentre dans la production des tuyaux, des voitures, de l’électroménager entre autres. « D’après nos sources multiples, les exportations vont considérablement diminuer », insiste Gaffney. Chez le premier producteur local d’acier, la société Ezz, fournisseur des deux tiers de l’acier égyptien, il est fort probable que la production ait déjà diminué. Selon Gaffney, Ezz a entamé en novembre dernier des travaux de rénovation dans une usine de fer plat. « C’est un moment propice pour freiner la production et faire ces travaux parce que la demande diminue », ajoute Gaffney. Georges Matta, directeur du secteur marketing chez Ezz, a affirmé de son côté que les exportations sont en régression. « Celles-ci représentent 40 % de la production de la société. Le fer plat est exporté vers l’Europe ou vers des pays du Moyen-Orient. Or, la demande a diminué dans les deux zones. Les pays du Golfe disposent d’un énorme stock, alors que l’Europe est frappée par une forte récession », explique Matta, sans cependant donner de chiffres. Chez la Société égyptienne du fer et d’acier (publique), la situation est pire. Salaheddine Aboul-Haggag, ex-responsable de la société et conseiller dans le domaine, assure qu’elle n’arrive pas à écouler son stock, ni de fer plat ni d’autres produits. Il confie que la société a terminé la rénovation de son troisième haut fourneau qui engendre plus du tiers de la production depuis le début du mois de janvier. Or, la production du fourneau n’a pas repris à cause de la baisse de la demande. En chiffres, cela se traduit par une production mensuelle d’environ 60 000 tonnes, alors qu’elle est supposée être de 100 000 tonnes. Avantage comparatif. Si les grands souffrent, les petits étouffent. Car en fait, les deux grands possèdent un atout. Ce sont les seuls à produire du fer et de l’acier depuis la matière première, ce qui leur donne un important avantage comparatif et diminue leurs coûts de production par rapport aux autres sociétés, surtout Ezz, dont le mode de production est plus moderne et dont la production est 5 fois plus élevée que la société publique. Selon Patrick Gaffney, les petits producteurs seront les plus touchés quand le marché commencera à recevoir l’acier importé. Car déjà plusieurs pays comme l’Ukraine et la Turquie ont commencé à réduire leurs prix. « Ezz pourra résister face aux prix internationaux en baisse, mais la situation des autres est plus compliquée. Ils importent de la matière première, et donc leurs marges de profit sont inférieures. Si les prix continuent à baisser, il est probable que certains producteurs pourront voir des prix mondiaux inférieurs à leurs coûts de production », renchérit Gaffney. Le fer à béton, qui entre dans les travaux de construction, sera peut-être moins affecté pour le moment que le fer plat (voir enc.). Georges Matta, de Al-Ezz, estime que la demande sur le fer à béton gardera des niveaux élevés. Puisqu’en dépit d’une récession prévue, la demande sur les unités de logement demeure énorme, notamment chez la classe moyenne. La demande non satisfaite de cette dernière restera à hauteur de 1,5 million d’unités par an. C’est pourquoi pour Ezzat Maarouf, ancien président de l’Union arabe du fer et de l’acier, comme pour Gaffney, la demande pourra quand même augmenter un moment, vu que la baisse des prix des matières de construction, y compris le fer à béton, encouragera des entrepreneurs à construire tant qu’ils disposent de liquidité. « La main-d’œuvre deviendra également moins chère, car au moins un million de travailleurs dans les pays du Golfe rentreront en Egypte. Mais au bout de quelque temps, cela changera, car ceux qui vont construire des bâtiments ne sauront pas nécessairement les vendre. Je crois qu’avec le temps il y aura une baisse considérable dans les travaux de construction », estime Ezzat Maarouf. Pour Aymane Abdel-Hakim, entrepreneur, le ralentissement du secteur a déjà commencé. La preuve en est le fléchissement des prix du fer à béton. Après avoir atteint un record de 8 000 L.E. la tonne au cours de l’été dernier, le prix de la tonne pour le consommateur est de 5 000 L.E. aujourd’hui. Que ce soit au niveau des prix ou de la production, l’Egypte est liée au marché international et ne présentera pas d’exception. D’abord, parce qu’une partie de sa production est destinée à l’exportation. A l’échelle mondiale, il est estimé que la production baissera de 10 % en 2009, du jamais-vu depuis 60 ans. Les plus optimistes s’attendent à ce que la production reprenne vers la fin de l’année, mais d’autres affirment qu’il faudra 4 ans pour que la production reprenne son niveau de 2007. De quoi donner du temps pour rénover d’autres usines.

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mardi 27 janvier 2009

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