La demande mondiale d’acier ralentit
La demande mondiale d’acier ralentit.
Les prix des métaux ont fortement chuté, après l'annonce d'une moindre activité manufacturière en Chine. Illustration concrète du ralentissement industriel mondial, la demande d'acier est en berne.
Aux craintes sur la dette souveraine des Etats européens s'est ajoutée une autre mauvaise nouvelle pour les marchés des métaux : l'indice manufacturier chinois, ce mois-ci, est au plus bas depuis près de trois ans. Or la Chine, c'est 40% de la consommation des métaux de base. C'est pourquoi leurs cours ont subi une nouvelle chute cette semaine. Y compris le cuivre dont l'offre est pourtant raréfiée à cause des grèves dans deux mines géantes, au Pérou et en Indonésie. Y compris l'étain, alors que pratiquement plus rien ne sort d'Indonésie, suite à un embargo sur les exportations de ce métal. La baisse des cours est pour l'instant plus psychologique que réellement basée sur les fondamentaux. Il n'en est pas de même pour l'acier. La demande d'acier, flageolante en octobre et en novembre, reflète parfaitement le ralentissement industriel mondial, de l'Europe à la Chine. En Europe, il s'agit carrément d'une contraction de la demande d'acier (moins 1%), due en particulier à une forte baisse de la consommation en Allemagne et en Espagne. Ceci en ligne avec la baisse des commandes industrielles la plus importante depuis l'été 2009.
En Chine, il ne s'agit pour l'instant que d'un ralentissement de la demande d'acier, elle a encore augmenté de 9,7% en octobre mais on était sur une croissance à deux chiffres jusqu'à présent. Au cours des 10 premiers jours de novembre, le ralentissement est encore plus marqué, observe l'Association mondiale de l'acier. La fin des grands programmes d'infrastructures lancés par Pékin en 2008, le ralentissement de la construction immobilière voulu par le gouvernement, se conjugue aujourd'hui à un coup de frein des industries automobile et manufacturières. Curieusement les Etats-Unis ont une consommation d'acier qui grandit plus vite qu'en Chine, grâce à la demande en équipements pour les forages pétroliers et gaziers.
Si l'Europe ne paraît pas être en mesure de faire repartir sa sidérurgie dans les mois qui viennent, l'heure est plutôt aux fermetures de capacités excédentaires, en Chine, elle pourrait redémarrer en décembre Tout dépendra de l'orientation que prendra Pékin, via le crédit : un atterrissage de son économie brutal ou en douceur.
