La sidérurgie peu touchée par l’appréciation du Yuan
La sidérurgie peu touchée par l’appréciation du Yuan. La flottaison encadrée du yuan devrait à la fois diminuer les coûts de production des aciéristes chinois et réduire leurs exportations. « Nous estimons que la monnaie chinoise va suivre une flottaison encadrée vis-à-vis d’un panier de monnaie et attendons une nette mais pas extrême appréciation du yuan contre le dollar à court terme », expliquait Andrew Snowdowne dans une note publiée par UBS. Pour les aciéristes chinois, les prix des intrants et du transport sont exprimés en dollars alors que ceux de l’énergie et du travail sont en yuans. Toutefois, rappelle Snowdowne, les aciéristes chinois sont également producteurs marginaux de minerai de fer. Selon les calculs de l’analyste, une appréciation de 10% du yuan entrainerait une hausse des coûts de la tonne d’acier en dollars de +3% à 662 dollars au troisième trimestre. Mais, exprimé en yuan, ce coût baisserait de 7% à 4 064 yuans. Afin de lutter contre les fortes hausses des prix du minerai de fer, et du charbon à coke, le gouvernement chinois travaille à la rationalisation des approvisionnements. En conséquence, estime UBS, les réductions des taxes à l’exportation devraient être levées au 1 er juillet. Cette décision et l’appréciation du yuan devraient suffire à prévenir une nouvelle baisse des prix de l’acier après la chute des prix sur le marché spot chinois au 2 e trimestre, malgré la hausse des prix des intrants. Ces mesures devraient réduire la pression sur les marges des aciéristes, diminuer les incitations à réduire la production mais également affaiblir la compétitivité de l’acier chinois sur les marchés extérieurs. Positif pour les métaux de base. N’attendant qu’une légère et progressive appréciation du Yuan, les économistes de Barclays concluent que « la donne ne devrait pas changer pour les métaux de base ». Déjà plombés par des coûts de production parmi les plus élevés, les producteurs chinois de métaux de base devraient souffrir d’une nouvelle érosion de leur compétitivité. Les statistiques publiées pour le mois de mai en Chine sont singulièrement positives, note Gayle Berry de Barclays Capital. La solidité des importations et des écarts de cours toujours en faveur de la bourse de Shanghai par rapport au LME, devraient rassurer ceux qui craignent que les mesures de refroidissement de la croissance prises en Chine puissent « étrangler la demande de métaux de base ».
