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L'Australie est devenue la nouvelle cible des aciéristes chinois

L'Australie est devenue la nouvelle cible des aciéristes chinois

Ruée des géants chinois de l'acier en Australie.
Les rachats de fournisseurs de minerai de fer se multiplient depuis quelques mois. L'Australie est devenue la nouvelle cible des aciéristes chinois. Relativement calmes en termes de prise de participation à l'étranger, les groupes chinois se sont cette année déchaînés chez l'un des partenaires commerciaux privilégiés de leur gouvernement. Chinalco a pris une participation de 9% chez Rio Tinto, tandis que Sinosteel vient d'acquérir ces six derniers mois 40% des actions de Midwest, pour porter sa participation à 49,66%. Des besoins gigantesques Les ambitions australiennes de Sinosteel semblent assez caractéristiques de celles de ses camarades. «Qu'importe si les possibilités qui s'offriront à nous se situeront dans la région du mid-west ou dans la région traditionnelle du Pilbara (nord-ouest du pays), où qu'il y ait du minerai de fer, nous aimerions être impliqués ou assurer plus d'actifs», a assuré fin mai lors d'une conférence du secteur minier William Ren, le directeur adjoint de Sinosteel Australia. Le géant Baosteel n'est ainsi pas en reste: après avoir été mêlé à des rumeurs de prise de participation dans le géant minier Rio Tinto pour contrer une offre publique d'achat (OPA) de BHP Billiton sur ce dernier, il a annoncé fin mai sa volonté d'investir dans l'un de ses principaux fournisseurs, le troisième producteur australien de minerai de fer, Fortescue Metals Group. Même si le gouvernement a obligé les aciéristes chinois à réduire le rythme de progression de leur production afin de ralentir la croissance nationale, leurs besoins demeurent très importants. La production nationale d'acier a dépassé l'an dernier les 550 millions de tonnes. Afin de satisfaire cette demande («Il faut 85 tonnes de fer pour produire 50 millions de tonnes d'acier», selon le patron de Sinosteel), les importations de minerai de fer ont progressé de 17,4% en 2007 à 383,09 millions de tonnes, selon les statistiques officielles chinoises. Entre 2003 et 2007, la Chine a importé 1,34 milliard de tonnes de minerai de fer, soit 42% des livraisons mondiales de cette période. Les cours s'affolent Leurs ambitions d'acquisitions de groupes étrangers sont quant à elles nées de l'explosion du tarif du minerai de fer, due à la hausse de leur propre demande. Après avoir accepté des hausses de 19% en 2004, 71,5% en 2005, 19% en 2006 et 9,5% en 2007, Baosteel a annoncé la semaine dernière avoir accepté la requête de BHP Billiton d'augmenter ses tarifs de 79,88% à 96,5%, selon la qualité et la provenance du minerai, quelques jours après avoir signé un accord similaire avec Rio Tinto. La Chine a naturellement choisi sa cible parmi ses fournisseurs. Actuellement, elle achète 80% de son minerai de fer auprès de trois pays: l'Australie (38% de ses achats pour une valeur moyenne de 100 dollars par tonnes, jusqu'à la hausse négociée avec Rio Tinto et BHP Billiton), l'Inde (23% pour 160 dollars la tonne) et le Brésil (22% à 136 dollars la tonne). Son choix s'est porté vers l'Australie car, en plus d'être son premier fournisseur, elle lui assure un minerai de meilleure qualité que l'Inde et le Brésil. Ce mouvement influence la direction des échanges économiques sino-australiens: alors qu'elle n'avait investi que 3,4 milliards de dollars jusqu'en 2005, la Chine a injecté 10 milliards en 2006 et 2007 et devrait porter ce chiffre à 30 milliards cette année.

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mardi 15 juillet 2008

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