Le marché du nickel reste tendu en raison de la forte production d'Inox
Le marché du nickel reste tendu en raison de la forte production d'Inox. Les spécialistes de Macquarie estiment que la production reste assez largement déficitaire par rapport à la demande, en raison de la forte croissance (+ 43 %) de la production d'acier inoxydable, qui représente les deux tiers de la demande de nickel. Difficile d'y voir clair pour les négociants du nickel. Alors que le Groupe d'étude international du nickel (INSG) annonce un marché pratiquement à l'équilibre pour le premier semestre 2010, les équipes de recherche de Macquarie Bank ont une tout autre vision : ils estiment que la production reste assez largement déficitaire par rapport à la demande, en raison de la forte croissance (+ 43 %) de la production d'acier inoxydable, qui représente les deux tiers de la demande de nickel, et d'une consommation chinoise qui reste soutenue et sous-évaluée. Pour l'INSG, au cours des six premiers mois de l'année, la production globale de nickel a atteint 703.900 tonnes pour une consommation de 699.000 tonnes, en progression de 21,9 %. Les stocks ont donc été renfloués d'un peu moins de 5.000 tonnes. Toujours selon le groupe d'étude international, la Chine reste le plus grand consommateur de nickel, avec un volume de 254.000 tonnes, suivi par l'Europe occidentale qui en utilise 162.600 tonnes. Sur le même sujet Mais la banque Macquarie conteste ces chiffres. Elle souligne d'abord le spectaculaire rebond de la production d'Inox partout dans le monde, que ce soit en Chine (+ 41 %), mais aussi en Europe (+ 52 %), aux Etats-Unis (+ 69 %) ou au Japon (+ 80 %), qui soutient fortement la demande de nickel. Ce dernier est en effet le métal non ferreux le plus dépendant des marchés des métaux ferreux et, en particulier, de celui de l'acier inoxydable et de ses alliages. Macquarie considère en outre que l'INSG s'est mépris sur le cas de la Chine. Ce ne serait pas 254.000 tonnes de nickel mais 296.000 tonnes que les Chinois auraient consommées, la différence tenant à des variations de stocks qui n'ont pas été déclarées. Du côté de l'offre, Macquarie est par ailleurs un peu plus pessimiste, évaluant la quantité produite au premier semestre à seulement 691.000 tonnes. Résultat : le marché du nickel serait nettement déficitaire avec un écart de près de 80.000 tonnes entre la production et la consommation de ce non-ferreux au premier semestre. Pour le deuxième semestre, les analystes attendent un marché à l'équilibre. Ce déficit pourrait relancer les cours du nickel, qui ont consolidé depuis la très forte progression des quatre premiers mois de l'année. Sur le (London Metal Exchange) LME, la tonne de nickel à 3 mois se traitait hier à 21.050 dollars, après s'être maintenue entre 20.000 et 22.500 dollars en août.
