L’industrie sidérurgique en Algérie: un secteur peu développé, selon les spécialistes
L’industrie sidérurgique en Algérie: un secteur peu développé, selon les spécialistes.
Alors qu’elle recèle des capacités potentielles en matière de phosphore et de gaz, l’Algérie ne couvre que 20% de ses besoins pour son l’industrie sidérurgique. Messaoud Chetih, l’ancien P-DG du complexe sidérurgique d’El-Hadjar, a expliqué, à ce propos, que l’Algérie n’a mis aucune stratégie fiable en la matière.
A ses yeux, depuis la mise en place du mégaprojet d’El-Hadjar, en 1981, notre pays n’a investi ni dans la maintenance ni dans l’installation. A titre d’exemple, la Japon investit environ 20 dollars/tonne, tandis que l’Algérie, en plus de 20 ans, n’a pas dépassé les 2 dollars la tonne. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse consacrée au 1er Salon international de l’industrie, de la sidérurgie, de la métallurgie et de la transformation.
Parmi les autres raisons qui ont freiné le secteur de la sidérurgie, il a cité, entre autres, l’exportation des produits ferreux. Pour lui, alors que nos capacités sont très minimes, «l’Algérie est le seul pays qui exporte sa ferraille et qui ne protège pas ses potentiels». Et d’ajouter que notre pays devrait interdire ses exportations en produits ferreux, «car on a fort besoin pour notre industrie sidérurgique». Il a, à ce propos, estimé les exportations de l’Algérie en déchets ferreux à 150 000 tonnes. En deux ans, ils ont pratiquement dépassé les 600 000 tonnes.
Il a, toutefois, affirmé que les besoins de l’Algérie en ferraille dépassent 1 million de tonnes. «Un volume important qui devrait inciter les autorités à interdire l’exportation des déchets ferreux», a-t-on appris. Par ailleurs, le même responsable a souligné que la capacité nationale en fer ne dépasse guère 1,5 million de tonnes. Concernant les importations, elles avoisinent les 3 millions de tonnes. S’agissant de la consommation nationale en fer, selon Messaoud Chetih, elle avoisine 80 kg par habitant.
Pour sa part, le directeur du ministère de l’Industrie et de la Promotion des investissements, Ahmed Ziad, a insisté, pour sa part, sur la détérioration du matériel et des infrastructures du complexe d’El-Hadjar sans qu’il y ait le moindre investissement de l’Etat.
En outre, la consommation dans les pays arabes est estimée à 80 kg/habitant. Deux pays arabes sont leaders en la matière, il s’agit de les Emirats arabes unis et le Qatar avec une capacités respectives de 1800 kg/ habitant et 1400 kg/habitants, alors que la consommation moyenne mondiale est de 250 kg/ habitant. Dans un autre registre, la première édition du Salon international de la sidérurgie, de la métallurgie et de l’industrie de la transformation se tiendra du 15 au 18 novembre prochain au Palais des expositions. Sous le thème «L’industrie de la métallurgie, la sidérurgie et la transformation dans le Monde arabe», cette manifestation verra la participation de nombreuses sociétés algériennes et étrangères.
