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Signaux de reprise précaire pour l'industrie française

Signaux de reprise précaire pour l'industrie française

Des signaux de reprise précaire pour l'industrie française. Du sidérurgiste ArcelorMittal aux constructeurs automobiles PSA et Renault , en passant par le laboratoire Sanofi-Aventis ou le géant de l'agroalimentaire Danone , les poids lourds du CAC mêlent prudence et optimisme modéré. Les plans de restructuration sont souvent à l'origine d'un début d'amélioration financière. L'embellie est-elle en vue pour l'industrie française ? Plusieurs résultats de sociétés, parmi les poids lourds du CAC 40, ont pu le laisser croire depuis la semaine dernière. Plusieurs dirigeants ont même insisté sur le fait que le deuxième trimestre 2009 avait été meilleur que le premier. Mais à bien y regarder, l'amélioration des comptes de résultats des grandes entreprises - pas toutes, loin de là - tient surtout aux effets bénéfiques des plans de restructuration, décidés quelques mois auparavant, dans la foulée de la crise économique et financière d'octobre 2008. L'évolution des chiffres d'affaires, qui retrouvent des niveaux jamais vus depuis plusieurs années, semble ici ou là donner des signaux d'amélioration. Mais personne ne se hasarde à parler vraiment de reprise et encore moins à donner des prévisions financières trop précises, faute de visibilité. ArcelorMittal limite ses prévisions au troisième trimestre. Elles pointent vers une amélioration du résultat opérationnel par rapport au deuxième trimestre, même si on est loin des records de profits atteints l'année dernière. Le creux de la vague est passé. Le leader mondial de l'acier observe une légère reprise de la demande et des prix. Du coup, il va rouvrir 4 hauts-fourneaux en Europe ce mois-ci. Face à des chutes de consommation de 50 % en début d'année, il avait fermé 15 sites sur 25 sur le Vieux Continent. Le groupe, qui s'est séparé de 20.000 salariés dans le monde, estime que le plus dur est passé, mais reste prudent : pour lui, la reprise sera lente et progressive. Air Liquide estime lui aussi que le creux de la vague est passé. A l'instar du sidérurgiste, mais aussi de Schneider Electric, le champion du gaz industriel met en avant la demande chinoise, bien repartie ces dernières semaines. Dans l'automobile, le climat est toujours aussi lourd, malgré le succès des primes à la casse en France et dans des pays voisins dont l'Allemagne. Les chiffres d'affaires respectifs de PSA et Renault ont plongé de 21,8 % et 23,7 % au premier semestre. Et les ventes ont porté surtout sur les petites voitures à faibles marges. Mais les deux constructeurs français ont annoncé coup sur coup disposer de flux de trésorerie disponible (« free cash-flow ») positifs, une grande nouvelle pour la Bourse. Explication : ils ont surtout engrangé les effets de la réduction des stocks de voitures et de leurs plans de départs volontaires massifs. Le groupe PSA a supprimé récemment 11.000 postes (avec la filiale Faurecia), et Renault 6.400. Pour eux comme pour les autres grands industriels, les effets comptables de ces mesures ne leur bénéficieront qu'une seule fois. Sans croissance substantielle du chiffre d'affaires dans les mois à venir, c'est donc l'effet du feu de paille qui les guette. A l'inverse de nombreux autres groupes industriels, le premier laboratoire français Sanofi-Aventis a effectué un excellent parcours au premier semestre, avec des résultats en forte hausse par rapport à ceux qu'il a enregistrés au cours des trois exercices précédents. Le groupe pharmaceutique engrange les résultats d'une politique de réorganisation de ses activités et de réduction de ses effectifs. Son plan d'économie en cours passera par la fermeture de 8 centres de recherche, dont 4 en France. A l'inverse également de la tendance générale, plutôt à l'absence de prévisions, Sanofi-Aventis a révisé ses perspectives de croissance de bénéfice par action à la hausse. Son patron, Chris Viehbacher, reste en mode offensif : il a conclu un accord avec Merck pour racheter sa participation dans leur coentreprise Merial (santé animale), pour un montant de 4 milliards de dollars. S'adapter au contexte Danone, de son côté, joue les volumes plutôt que les marges pour s'adapter au contexte de crise. Franck Riboud se veut pragmatique, comme un pilote qui adapte sa conduite lorsqu'il quitte une route sèche pour aborder une chaussée mouillée. A chaque catégorie sa stratégie, à chaque région aussi, et tout doit demeurer très souple. Cette manière a pour l'instant plutôt bien réussi au géant laitier, dont le chiffre d'affaires, la marge opérationnelle et le résultat net ont progressé au premier semestre. Le groupe a confirmé ses objectifs pour l'exercice. Mais fondamentalement, il se prépare à un changement des habitudes des consommateurs, plus regardants sur les prix. Quant à l'industrie du luxe, elle est toujours confrontée à un environnement difficile. LVMH a réalisé un chiffre d'affaires pratiquement inchangé au premier semestre dans un marché en fort recul, et cette performance relative repose pour l'essentiel sur les scores exceptionnels de Louis Vuitton, alors qu'avant la crise, les quatre branches du groupe, mode et maroquinerie, vins et spiritueux, parfums et cosmétiques, ainsi que montres et joaillerie étaient toutes en forte croissance. Les résultats de chaque activité sont désormais très inégaux, à l'intérieur de chaque branche et également en termes de zone géographique.

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mardi 4 août 2009

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